[Trombines de citoyennes] Laounia et Sylvie œuvrent pour le vivre-ensemble de leur quartier

Le centre social L’Arche à Périgueux s’est intéressé de près au thème de la laïcité après avoir constaté quelques incompréhensions entre les habitants du quartier. Rencontre avec Laounia et Sylvie, deux jeunes femmes investies dans la structure et partie prenante de cette réflexion.

Laounia et Sylvie ont pour point commun d’avoir grandi avec le centre social L’Arche. Enfants du quartier, elles le fréquentent depuis l’enfance et continuent d’avoir un lien étroit avec lui à l’âge adulte. Il a ouvert leurs horizons et contribué à développer chez elles une fibre sociale. En effet, Laounia, 21 ans, mène des études en BTS Economie sociale et familiale et a effectué un service civique d’un an au centre social, tandis que Sylvie, 29 ans, y travaille depuis un an comme salariée, au poste de médiatrice.

« Un principe magnifique compliqué à intégrer au quotidien »

Toutes deux ont pris part à la réflexion sur la laïcité et à l’organisation de la journée-débat du mois d’octobre. « En fac de droit, j’ai eu des cours sur la laïcité, introduit Sylvie. J’ai intégré que c’était un principe magnifique, mais je me suis aperçue que son intégration était un peu plus compliquée au quotidien depuis que je suis au centre social. »

La médiatrice a parfois douté sur la posture à tenir, « par exemple pendant le Ramadan, quand des enfants refusaient de venir aux ateliers de musique « . « En discutant, je me suis rendu compte que les gens ne savaient pas ce qu’est la laïcité. » Une intervention à la MFR (Maison familiale et rurale) de Périgueux auprès de lycéens peu sensibilisés sur la question a confirmé cette impression.

Par ailleurs, quelques frictions ou interrogations sont apparues ponctuellement autour du port du voile lors d’événements auxquels participait le centre social. « Plusieurs incidents nous ont fait dire qu’il n’était pas inutile d’avoir un espace pour libérer la parole et échanger sur ce sujet », résume Sylvie. D’où l’idée de cette journée consacrée à la laïcité et au vivre-ensemble, organisée par le directeur du centre social Saïd Aghrab et la Ville de Périgueux.

« Confronter les points de vue et se comprendre »

« C’était très interactif, avec des personnes de tous âges, de toutes origines et de tous milieux sociaux. Il y avait même un jeune homme d’origine afghane. C’était bien de confronter les points de vue et de se comprendre », apprécie Sylvie. Tous les aspects de la laïcité ont pu être abordés et débattus avec trois formateurs, dont l’anthropologue Cheick Sow.

« On voulait faire comprendre aux habitants et personnes qui nous côtoient tous les jours ce qu’est la laïcité, parce que chacun en a une définition différente », explique Laounia, qui reconnaît avoir beaucoup appris sur ce concept. « Avant, la laïcité me parlait très vaguement », avoue l’étudiante qui porte le voile « depuis toujours », et qui pense que les jeunes en particulier ont tout intérêt à aiguiser leur connaissances sur ce sujet.

Au-delà de la laïcité, Laounia et Sylvie ont à cœur au centre social de transmettre la valeur du respect de l’autre, quel qu’il soit, avec ses croyances et ses convictions.

 

 

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